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Col du Petit Saint Bernard

Le col du Petit-Saint-Bernard (en italien Colle del Piccolo San Bernardo) est un col alpin qui sépare la Tarentaise, c’est-à-dire la vallée de l'Isère, de la vallée d'Aoste où court la Doire Baltée.

Panneau col du petit saint Bernard

Vue du col sur l'ancien poste frontière
© Route Nostalgie

Son altitude, 2 188 m en fait le col le moins élevé du nord de l'arc alpin. Il forme une encoche entre les pointes du Lancebranlette (2 936 m) dans le massif du Mont-Blanc au nord, et du mont Valaisan (ou Valezan) (2 891 m), dans les Alpes Grées au sud.

Il a très tôt été utilisé, c'était un passage naturel. L'ancien tracés reste bien visible entre le col et le hameau de Saint-Germain car jusqu'à la fin du XIXe siècle c'était la route de franchissement entre la Savoie et la Vallée d'Aoste. La route prend ensuite à travers un petit plateau la direction du hameau des Chavonnes avant de parvenir après un lacet à celui de Saint-Germain sur Séez.

PLANModifier

Plan intéractif de l'itinéraire (cliquez sur les icons ou utilisez le zoom) :

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HISTOIREModifier

ANTIQUITE

L'importance de ce col débute dès le Néolithique. Les traces d'un vaste cercle de pierres, ou cromlec'h d'environ 72 mètres, sont encore visibles aujourd'hui, malgré les dégâts occasionné par la réalisation de la route carrossable ; selon certains auteurs, les travaux auraient détruit un dolmen central. Sa datation demeure problématique mais pourrait remonter à l'âge du Fer.

Les Salasses, tribu celtique du Val d'Aoste, empruntaient ce col pour communiquer avec les Ceutrons, leurs cousins de Tarentaise.

Le passage d'Hannibal

Il existe autant de chemins prêtés à Hannibal qu'il y a de vallées dans les Alpes. Mais le col qui est le plus cité par les anciens et le plus probable est sans conteste, à mon avis, le col du Petit-Saint-Bernard. Tout un faisseau d'indice le montre, mais toujous pas de preuves.

La légende raconte qu'Hannibal (218 av JC) partant à la conquête de Rome aurait pu franchir ce col, accompagné d'une armée colossale et d'une trentaine d'éléphants.


Le col à l'époque Romaine

Les romains construisent en haut du col une « mansio », (un relais), destiné à héberger les voyageurs et à leur fournir des chevaux frais. Ils auraient également édifié un temple dédié à Jupiter. Ce temple était orné d'une statue du dieu dressée au sommet d'une colonne, la colonne de Joux.

Au Col il y a les traces de deux établissements de l'époque gallo-romaine, ils étaient disposés de part et d'autre de la voie antique, et étaient formée d'une cour bordée de salles et de communs réservés aux attelages et aux charrois. Une sorte de relais. Ils sont associés à un petit temple de type fanum.


La colonne de Joux

IMG 1913

La colonne de Joux
© Route Nostalgie

C'est un monolithe en serpentine verte grainée de quartzite d'une hauteur 4.50 m, au sommet duquel trône la statut de Jupiter, remplacée par la suite par une statue en mélèze de Saint-Bernard. C'est en 1902, que fut placé la statue en bois en l'honneur de saint Bernard sur la colonne Joux. Le dragon enchaîné à ses pieds symbolise le paganisme éloigné par le saint.


Le col au moyen age

Après la chute de l'Empire romain, à l'orée du haut-Moyen Âge, le passage du col du Petit-Saint-Bernard est en partie supplanté par le passage du col du Mont-Cenis, un itinéraire moins escarpé et moins dangereux, malgré tout un trafic marchand continu de passer par ce col.

Saint Bernard de Menthon

Saint-Bernard, l'apôtre des Alpes fut envoyé au sommet du col - alors appelé "Colonne Joux" (Jovis, Jupiter) - pour le délivrer des occupants païens qui pratiquaient le brigandage.

L'hospice du petit Saint Bernard Edifié au XIe siècle l'hospice offrait gîte et couvert à tous les passants exténués par le vent, le froid l'altitude et la neige.

Au tournant de l'an mil, saint Bernard de Menthon (923-1008), futur patron des alpinistes, fonde un premier hospice destiné à assurer la protection des pèlerins contre les brigands et les aléas du climat. Celui-ci aurait été érigé tout d'abord sur le versant oriental (valdôtain), puis, endommagé, reconstruit par l'évêque Pierre II de Tarentaise sur son propre diocèse, à l'ouest du col (versant tarin). Bernard conçut son réseau comme un service d'assistance gratuite ouvert à tous, à la fois centre de secours pour les pauvres et les malades, refuge pour les pèlerins, les religieux, les marchands et les soldats. Pour cela, il reprit l'ancien réseau romain, qu'il se mit à réorganiser.

Le col aux XVIIIème et XIXème siècle

En 1752, une bulle du pape Benoît XIV remet officiellement l'hospice et tous ses biens à l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, qui se chargera de son fonctionnement jusqu'au début du XXe siècle, servant plus de dix mille repas chaque année, notamment aux maronniers, gens des hameaux voisins qui, en échange de l'exemption du service militaire, devaient guider les voyageurs désirant traverser le col.

Au cours des siècles suivants, l’Hospice sera détruit plusieurs fois par des incendies puis par le passage de l’armée à la Révolution Française. Au XIXème siècle s’ouvre une ère une prospérité. L’augmentation de la fréquentation impose l’agrandissement de la construction. Le rôle d’hospitalité, d’accueil et de spiritualité est accru, été comme hiver.

En 1715, en raison d'une épidémie qui décime la Savoie, les bergers de la Thuile érigent une barrière sanitaire à l'ouest du col, aux environs de l'hospice. Ils annexent de facto le territoire protégé. En 1725, un jugement est rendu, qui ne rétablit que partiellement la situation initiale : seule la moitié du territoire « confisqué » par les valdôtains retourne aux savoyards.

Durant la Révolution, la France annexe tout le plateau, puis, après la conférence de Vienne en 1815, on revient à la situation antérieure. Lors de l'annexion « définitive » de la Savoie en 1860, Napoléon III autorise l'Italie nouvelle née à repousser la frontière jusqu'au-delà de l'hospice. Il fait construire la route qui mène au col entre 1864 et 1867.

C'est en 1858 que la route du col prendra le nom de route RN 90.

Après son abandon et sa destruction partielle durant la Seconde Guerre mondiale, l'hospice n'a plus jamais été rouvert.

Le col aux XXème siècle

De 1860 à 1909, l'hospice du Petit-Saint-Bernard, alors en territoire italien, a été dirigé par l'abbé Pierre Chanoux. Ce dernier, passionné de botanique, réalisa en face de l'hospice un petit jardin alpin, baptisé Chanousia en l'honneur de son fondateur. 7452 passages en 1923.

Après la Seconde Guerre mondiale, le traité de Paris, signé en 1947, stipule le retour à la stricte ligne de partage des eaux. Mais la commission topographique chargée d'exécuter le traité commet une erreur en faisant passer la frontière à la Colonne de Joux. La commune de Séez proteste, une rectification est finalement opérée

Après la Seconde Guerre Mondiale, les frontières au col du Petit Saint Bernard sont légèrement modifiées. L’Hospice se trouve désormais sur le sol français mais reste la propriété de l’Ordre Mauricien, qui lui, est italien. Le bâtiment inoccupé se dégrade très vite ; il risque de s’effondrer sur la route nationale, si bien que les autorités françaises décident de le démolir. C’est l’émoi parmi les populations locales.

Fort heureusement, un programme de réhabilitation a été mis en place au début des années 90 avec le soutien de la Communauté Européenne. Ce bâtiment chargé d’histoire, italien depuis toujours, en terre française depuis peu, a conservé sa mission d’accueil. Il ne s’agit plus de voyageurs ni de pauvres mais de vacanciers en période estivale ! L’Hospice est devenu un point d’informations touristiques.

Lors de la fondation de la station de ski de La Rosière, au début des années 1950, ses initiateurs avaient déjà pensé à une liaison hivernale, par le col, avec leurs voisins valdôtains de La Thuile; la route du col étant fermée durant les longs mois d'enneigement. À partir de 1984, le télésiège du Chardonnet et du téléski de Bellecombe, côté français, et le télésiège du Belvédère, côté italien permettent cette liaison.

A VOIRModifier

Les bâtiments de la frontière franco-italienne, inutiles depuis l'ouverture des frontières, sont toujours en place.

Les lignes anti chars aussi.

A SAVOIRModifier

Cyclisme

IMG 1896

Nouvelles Bornes posées pour le tour 2009
© Route Nostalgie

Le col du Petit-Saint-Bernard a été franchi à 4 reprises par le Tour de France. Il a été classé alternativement 2e et 1re catégorie. Voici les coureurs qui ont franchi le col en tête :

1949 : Gino Bartali Italie 1959 : Michele Gismondi Italie 1963 : Federico Bahamontes Espagne 2009 : Franco Pellizotti Italie

Pour le tour 2009 des bornes kilomètriques particulières ont été installées, les pentes, et la distance du col y sont indiquées, surmonté du dessin d'un cycliste.

Langues et patois

Si le Col du Petit-Saint-Bernard constitue une réelle frontière entre la France et l'Italie, il ne présente pas une barrière culturelle. Il y a une identité commune entre la Vallée de la Tarentaise et le Val d’Aoste, au point que leurs histoires se confondent jusqu’en 1860, date de l’unification de l’Italie et du rattachement de la Savoie à la France. Le Val d'Aoste est en partie francophone. L’usage officiel du français remonte à 1561 quand le Duc de Savoie, Emmanuel Philibert, l’imposa en Vallée d’Aoste et en Savoie.

Aujourd'hui, dans les écoles du Val d’Aoste, les langues italiennes et françaises sont enseignées de la même façon et il y a un bilinguisme réel.

Les patois de ces vallées ne sont plus parlés que par les personnes âgées, il diffère beaucoup d'une vallée à l'autre. Ils sont apparentés des deux côtés de la frontière.

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