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Depuis toujours, les hommes ont utilisé les cols les plus praticables, Petit Saint Bernard, Mont Cenis ou Montgenèvre pour franchir les Alpes. Hercule, les hommes du néolithique, les hordes de l'âge de fer ou Hannibal ont marqué l'histoire de ces différents passages alpins. Mais l'odyssée des voies transalpines ne débutera véritablement qu'avec les romains.


HISTOIREModifier

En Maurienne, existaient deux peuples celtes : Les Médulles depuis Aiguebelle jusqu'au dessus de Modane et les Graïocèles sur les 2 versants du Mont-Cenis.


Le pays des Médulles (Maurienne) est inclus dans la province des Alpes cottiennes dont la capitale est Suse (le roi local Cottius se déclare allié de Rome avant d’en devenir un préfet, soumission commémorée par l’arc de Suse en 8 après JC.).


L'époque romaine ou la création des premières grandes liaisons


L'époque romaine correspond aux premières véritables infrastructures transalpines. Sur l'actuelle frontière entre la France et l'Italie trois voies principales ont été réalisées passant par le Col du Petit Saint Bernard, le Col du Mont Cenis et le Col du Montgenèvre.


le Col du Mont Cenis est dificile d'accès côté vallée de la Maurienne, qui demande beaucoup d'aménagement, ce qui fait qu'il sera moins utilisé avant le moyen âge.


Faute d'entretien ces chaussées disparurent progressivement.


Le moyen-âge


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Colonne ancienne au col du Mont-Cenis
© Route Nostalgie

Le col du Mont Cenis est un col stratégique pour les armées franques, au IXeme siècle, elle assure une liaison avec les possessions de l'empire carolingien en Italie. C'est a cette époque une route essentiellement militaire. En 806 l'empereur Charlemagne avait envisagé de donner à son fils Louis la route du Mont Cenis avec les provinces qu'elle longe jusqu'à Lyon.


Au cours du moyen-âge on assiste à une décadence progressive du Petit Saint Bernard et du Montgenèvre au profit du passage par le Col du Mont Cenis. Au cours de cette période le franchissement ne se fait pas sur des routes carrossables mais sur des chemins empruntés par des convois de mulets. C'est une période où se développe un trafic marchand. Le succès des foires de Lyon et de Genève, les échanges locaux ou les pèlerinages vers Rome participent à ce développement. Les campagnes militaires successives conduisent troupes et têtes couronnées à emprunter cet itinéraire.


La Ramasse


Pour descendre sur Lanslebourg, il était proposé à certains audacieux, d’utiliser les services d’un guide et de son traîneau léger tendu de peau de bête, appelé « ramasse ». Il pouvait prendre en charge une ou deux personnes pour les amener 700 mètres plus bas en vingt minutes. Le sentier comportait trente-trois lacets, dans lesquels il arrivait que le traîneau chavire, et les occupants devaient alors « se ramasser ».


On pouvait également se faire transporter en chaise-à-porteur ou à dos de mulet.


XIXeme Siècle


Le col sous le Premier Empire


Napoléon Bonaparte qui avait fait franchir les Alpes à son armée par la voie du Montgenèvre, revint par Turin, Suze et le Mont-Cenis. Il constata que la voie était très étroite et se transformait en chemin muleti
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Maison cantonière N°71 coté italien

er entre Novalaise en Italie et Lanslebourg en France. Il était nécessaire de démonter les voitures pour les faire passer à dos de mulets, et les piétons étaient transportés en chaise à porteurs pour les plus riches, alors que les autres suivaient à pied, et parfois se perdaient. Ces porteurs étaient appelés « marrons » et il en fallait six par chaise pour assurer le relai entre chaque équipe. Ceux de Novalaise avaient acquis une grande renommée. Arrivé sur le plateau du Mont-Cenis, après le relais de Grand' Croix, on trouvait l’hospice religieux construit en 825 par le fils de Louis le Débonnaire, Lothaire Ier. Il était situé au bord du lac naturel du Mont-Cenis. Il était en ruine au Xe siècle suite au passage des Sarrasins. Au début du XIIIe siècle, des chanoines de Saint Augustin, remirent l’hospice en service et pour secourir les pèlerins, avec quatre chambres jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. L’Empereur décida d’élargir cette route afin de la rendre carrossable. De plus il fit reconstruire l’hospice pour servir de relais aux voyageurs de plus en plus nombreux et pour y accueillir 300 moines. Il le dota de vingt-quatre chambres et d’un grand dortoir. Les moines bénédictins soucieux de remercier l'éminent donateur et reconstructeur de l'hospice, voulurent l'immortaliser en

renommant saint Jean-Baptiste sur le tableau par saint Napoléon. Et il resta ainsi jusqu'en 1838.


L'hospice du Mont-Cenis était un établissement de charité, institué pour les pauvres seulement, et non en faveur des personnes fortunées, qui peuvent elle aller dans les auberges établies sur la route.


Le 15 avril 1812, Napoléon imposa la prise en charge et l’entretien d’un médecin chirurgien, il donna également l’ordre de flanquer le bâtiment d’une caserne pour 2 200 soldats et d’une écurie de 300 chevaux. Un bureau des postes et télégraphes devait compléter l’ensemble. Le tout entouré d’un mur défensif.


L'époque napoléonienne et les grands travaux routiers du premier empire


Maison cantonnière Mont-Cenis

Maison cantonnière sur la route du Mont-Cenis
© Georges Reverdy

Napoléon et ses ingénieurs favorise au départ l'aménagement du Col du Simplon. Il y prescrit la création d'une " chaussée praticable au canon " en 1800. Les travaux du Simplon sont achevés en 1805. En parallèle en 1802, il a ordonné de faire ouvrir des chemins au Mont Cenis, au Montgenèvre et au Col de Tende par ordre de priorités qui " doivent être tels qu'on puisse arriver au Piémont sans être obligé de mettre pied à terre : c'est une suite nécessaire de la réunion du Piémont à la France ".


S'instaure alors une compétition entre responsables Savoyards favorables au passage par le Mont Cenis et responsables Dauphinois défendant le passage par le Montgenèvre. Mais après être passé deux fois en 1805 au Mont Cenis, Napoléon donne une priorité au passage par la vallée de la Maurienne dont il avait apprécié les caractéristiques : " Je ne vois qu'une montée inévitable, c'est celle qui sépare les deux vallées. Rien ne coûtera pour aplanir cette route. Tout ce qui tend à rendre plus facile les communications avec l'Italie est aujourd'hui dans la politique et est conforme à mes plus chers intérêts ".


Relais Mont Cenis

Relais sur la route du Mont-Cenis
© Georges Reverdy

C'est en 1802 qu'Emmanuel Crétet, directeur des Ponts-et-Chaussées commande à l'ingénieur en chef de l'Isère, un certain Dausse, d'améliorer le passage du col et les route d'accès du Mont-Cenis.


Du côté de Lanslebourg, six lacets en pente douce de plus d’un kilomètre, furent tracés dans la forêt, pour remplacer les trente-trois lacets, très abrupts, du sentier de la Ramasse. Vingt-trois refuges furent construits entre Lanslebourg et Suze, et numérotés en partant de Suze. Les aubergistes responsables de ces refuges, recevaient, en 1860, un salaire de 36 francs par mois, et étaient approvisionnés en bois de chauffage. L’entretien de la route, qui devait toujours rester ouverte, était accompli par soixante-quinze cantonniers qui déblayaient la neige l’hiver. Les travaux, exécutés par plus de 3000 ouvriers, s’étalèrent sur dix ans, entre 1803 et 1813, Aujourd'hui encore les principales réalisations de l'époque sont toujours la base des structures routières utilisées. Dès 1806, le col est possible en voiture légère.


La route N° 7 (N 6 par la suite) de Paris à Milan par le Mont Cenis fut ainsi achevée en 1811. Le trafic de cette année là fut de 45 000 mulets et 17 000 voitures.


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Maison cantonière N°25 coté italien
© Route Nostalgie

Soixante-quinze cantonniers avaient la charge de l'entretien de la voirie; le financement étant assuré par un point de péage situé à la barrière installée au sommet du Mont-Cenis (2083 m d'altitude). Vingt-trois maisons cantonnières peintes en rouge étaient repartis le long du trajet. La pluspart sont encore en place, certaines en ruine, d'autres parfois réutilisées.


Les voies d'accès vers la Haute-Maurienne ont été également améliorées: nous indique François Forray, dans l'Histoire en Savoie, n°106 "Franchir les Alpes" par François Forray (juin 1992) "Pour améliorer le roulage le long de la route impériale de première classe de Paris à Milan, le gouvernement prévoyait, dès 1805, des aménagements complémentaires sur la route du col de Couz", mais aussi "pour atténuer les rampes de Saint-André, Villarodin, Bramans et Termignon". Par ailleurs, soixante-six ponts (dont quarante-deux en pierre) seront construits sur ce même axe. "


Un accord franco-italien pour percer un tunnel ferroviaire entre Modane et Bardonèche, accéléra la construction de la ligne de chemin de fer entre Saint-Jean-de-Maurienne et Modane. La ligne parvint à la gare de Saint-Michel-de-Maurienne au mois d’avril 1862 exactement. Et les travaux de percements de neuf tunnels et de plusieurs ponts entre Saint-Michel et Modane, étaient déjà entamés. Les voyageurs qui souhaitent aller plus loin que Saint-Michel, et éventuellement jusqu’à


Turin ou Milan en Italie, doivent transférer leurs bagages et prendre la diligence. Plusieurs compagnies se constituent, telle que la compagnie Bonnafous, appelée Berlines-Poste du Mont-Cenis, par exemple.


Le trajet de Saint-Michel à Suze qui fait 79 kilomètres dure alors 12 heures. La concurrence entre les compagnies était rude, aussi lorsque les postillons se retrouvaient ensemble au sommet des descentes sur Suze ou sur Lanslebourg, ils lançaient leurs berlines à grande vitesse pour essayer de se dépasser, ceci provoquant de grandes frayeurs parmi les passagers et parfois également des accidents. Aussi la décision fut prise de décaler les heures de départ des différentes compagnies, pour éviter que les diligences se côtoient lors de ces descentes. Au-delà de Termignon, vers Lanslebourg et sur la gauche de la route, une stèle commémore l’endroit où une diligence tomba du haut du talus de la route, en plein hiver, tuant la totalité des voyageurs. En 1863 ce sont près de 40 000 voyageurs (20 000 dans chaque sens) qui passaient le col annuellement. 32 000 par les Compagnies et 8 000 par leurs propres moyens.


Le XXeme siècle


En 1980, le tunnel routier du Fréjus a été ouvert parallèlement au tunnel ferroviaire, prolongé dans les années 1990 par l'A 32 qui la relie au réseau autoroutier italien, autoroute qui s'ajoute aux deux routes nationales (statali) traversant la vallées. Il y a un projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin, comprenant notamment un tunnel de base de 53,1 km sous le massif du Mont d'Ambin. Autoroute A43 côté Français.

A SAVOIRModifier

Le Mont Cenis

BIBLIOGRAPHIEModifier

Modane vous est conté (tomes I & II), Christiane GIRARD & Colette BOUVIER, 1986-1991


Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Col_du_Mont-Cenis


L'Express

http://www.lexpress.fr/styles/voyage/savoie-les-passeurs_777688.html


BIBLIOGRAPHIE GENERALE

LITTERATUREModifier

Récit de Michel de Montaigne dans son Journal de Voyage en Italie : « Je passai la montée du Mont Cenis, moitié à cheval , moitié sur une chaise portée par quatre hommes et quatre autres qui les refraîchissaient. Ils me portaient sur leurs épaules. La montée est de deux heures, pierreuse et mal aisée à chevaux qui n'y sont pas accoutumés, mais autrement sans hasard et difficulté : car la montagne se haussant toujours en son épaisseur, vous n'y voyez nul précipice ni danger que de broncher. Sous vous, au dessus du mont , il y a une plaine de deux lieues, plusieurs maisonnettes, lacs et fontaines, et la poste ; point d'arbres. ou bien de l'herbe et des prés qui servent en la douce saison. Lors, tout était couvert de neige. La descente est d'une lieue, coupée et droite, où je me fis ramasser à mes mêmes marrons et de tout leur servie à huit, je donnais deux écus. Toute fois le seule ramasser ne coûte qu'un teston; c'est un plaisant badinage mais sans hasard aucun et sans grand esprit ; nous dînames à Lanebourg 2, deux postes, qui est un village au pied de la montagne où est la Savoie. »


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